La légendaire Légèreté…
Qu’est-ce que c’est ?

« C’est dans la légèreté que repose l’équitation savante. »
Général L’hotte

Depuis des décennies la chimère derrière laquelle chaque cavalier court s’appelle “Légèreté”. Une longue course, des heures et des heures de recherches, d’entraînement, de la sueur, des larmes, des joies et des déceptions. La recherche de la légèreté  fait couler énormément d’encre, mais qu’est-ce que c’est ?

Elle est définie par les grands maîtres comme un savant et judicieux mélange qui dépend de plusieurs points : l’impulsion du cheval et la position du cavalier. La combinaison de ces deux facteur créé les allures et les airs. La légèreté est alors la capacité du cheval à maintenir un air ou une allure sans l’intervention du cavalier.

Comment l’obtenir, ou du moins s’en rapprocher ?

Tout commence ici. La première chose à laquelle faire attention est sa main (et son poignet). La tenue des rênes se fait généralement entre le pouce et le majeur. Les autres doigts doivent rester souples et décontractés afin de pouvoir se fermer ou s’ouvrir sur les rênes.

Si les doigts sont tous fermés, alors la main est fermée et cette contraction se répercute dans tout votre bras.

On va chercher à avoir des jambes passives, qui ne viendront agir que lorsque nous en aurons besoin. Cela signifie donc des genoux desserrés et descendus, des hanches qui restent disponibles et descendues. On a souvent tendance à s’accrocher avec ses jambes, cela signifie donc que nous ne sommes pas assis et descendus dans la selle, notre assiette ne fonctionne donc plus avec mais contre le cheval: tout le contraire de la légèreté.

Tout d’abord commencer par agir par actions discontinues avec ses jambes. Faire la demande et laisser au cheval l’opportunité d’y répondre. Si vous voulez par exemple demander au cheval d’avancer, serrez les jambes puis desserrez-les. Si vous les laissez en action, le risque est que le cheval s’en lasse ou s’énerve. Le deuxième risque est que votre corps se contracte. N’oubliez pas que nous sommes fais d’une “chaîne musculaire”. Toute action provoque d’autres réactions en chaîne.

Le fait que vos jambes puissent être détendues va dépendre de votre capacité à vous tenir en selle grâce à votre assiette.

Un très bon conseil que l’on m’avait donné était d’imaginer que le haut de mon corps
était comme un baril rempli de sable, solide et fort.
Posé sur la selle, imperturbable.

Bien sur, il y a l’impact du dos, du port de la tête, mais nous parlons ici de la légèreté dans le mouvement, ou comment se rapprocher le plus possible de la “non-action” du cavalier afin de sublimer les airs du cheval. 

On a tous bavé devant ces photos de Nuno Oliveira dans un magnifique piaffer avec des rênes détendues… La position du corps fera l’objet d’un autre article, nous parlons bien ici de la non-action du cavalier.

  • Comment le travailler ?

Tout d’abord prendre conscience des mouvements du cheval et de ses propres mouvements. Se rendre compte par exemple qu’au pas, le cheval a un balancier de tête, il faut donc laisser les mains suivre ce mouvement. Cela n’est possible que si les coudes et les épaules sont souples et décontractés.

Au trot, la tête du cheval est fixe mais c’est le cavalier qui a un mouvement de haut en bas (lorsqu’il est au trot enlevé, mais également au trot assis, car on parle d’allure avec du rebond). Si les mains ne sont pas dissociées du haut du corps, alors elles feront ce même mouvement de haut-bas. Bien penser à laisser les coudes s’ouvrir lorsque l’on se lève et les laisser se refermer lorsque l’on s’assoit.

Au galop, le mouvement du cheval est vers l’avant, on aura donc quasiment le même mouvement de balancier qu’au pas. Si les épaules et les coudes ne permettent pas aux mains d’accompagner le mouvement vers l’avant de la tête, il y aura un vrai blocage et donc une répercussion directe dans la bouche du cheval.
Il faut laisser les mains aller d’avant en arrière en laissant les coudes s’ouvrir et se refermer
. Cela permettra d’accompagner le mouvement naturel du cheval et votre propre haut du corps qui fera également le mouvement de balancier avant/arrière du galop.

Lors de vos demandes, essayez de toujours demander puis relâcher. Laissez au cheval l’opportunité de répondre. Au début vous pourrez relâcher une demi seconde, puis avec le temps vous augmenterez de plus en plus. Prenez cela comme un jeu, lancez-vous des défis, lancez-en à votre cheval.

Ne soyez pas trop exigeant, cela demande du temps, la pyramide de Guizeh ne s’est pas construite en un jour.

Je vous conseille également de travailler en longe avec quelqu’un si vous en avez la possibilité. Cela vous permettra de vous concentrer uniquement sur vos mouvements et non pas sur l’attitude du cheval (ouf, une chose en moins à gérer !).

Le travail en vidéo est également un très bon outil vous permettant de vous auto-évaluer.

J’utilise beaucoup la vidéo lorsque je travaille seule ou lorsque je donne des cours. On a parfois l’impression que ce que nous faisions n’était pas juste, mais lorsque l’on regarde la vidéo, on se rend finalement compte que ce n’était pas si mal.

N’hésitez pas à vous faire filmer si vous en avez la possibilité.