Le pourquoi du comment

Comment est née Equit&Sens ? Pourquoi ne pas avoir appelé ma société « Lorène Kribs Dressage » ?

Les réponses à ces questions sont simples. Cela a commencé par ma rencontre avec Quinto XXIV, un cheval espagnol de 13 ans aujourd’hui, qui a croisé ma route il y a 3 ans, lors de ma formation DEJEPS. Les hasards n’existant pas, ma rencontre avec lui ne l’a donc pas été et notre relation m’a permis de créer en même temps le concept d’Equit&Sens.

Je me suis rendu compte, au fil du temps, que pour créer une belle relation avec son cheval et pour progresser, il fallait être plus qu’un bon technicien et avoir plus qu’un « coach ». En effet, l’évolution d’un couple cavalier/cheval dépend, à mon sens, d’une cohésion dans le choix des professionnels qui nous entourent.

Equit&Sens est donc née de l’évolution de ma relation avec Quinto, des rencontres que j’ai faites, des remises en question, des larmes et de notre sueur. E&S est née car lorsque Quinto a croisé mon chemin j’étais, comme la plupart des propriétaires de chevaux, à la recherche d’une équitation dans le respect de son intégrité physique et morale. J’ai donc décidé de créer E&S et de faire bénéficier tous ceux qui en auraient besoin de mon expérience dans la poursuite de ce saint Graal.

L’évolution de Quinto : la remise en question, le moteur de notre évolution.

En 2016, Quinto a croisé ma route alors que j’étais en formation DEJEPS. Petit cheval espagnol gris de 10 ans et d’un mètre soixante, il ne correspondait pas du tout aux critères que je m’étais fixés jusqu’alors pour l’achat d’un cheval (1m70, de race allemande ou hollandaise, bai brun de préférence… ).

Le travail commença, et je me suis retrouvée très vite confrontée à de nombreuses difficultés : Quinto arrivait d’Espagne, il était très distrait, montait vite en pression, ne venait jamais se tendre sur le mors et s’encapuchonnait, il n’avait pas de rythme … Bref, tout était à faire.Quinto avait une ligne du dessus bien plus grande que sa ligne du dessous (ce qui est censé être l’inverse). Il n’avait donc aucune force dans son dos qui était creux, aucune poussée dans ses postérieurs et sa musculature était « à l’envers ».

Pour travailler correctement, j’avais décidé d’investir dans une selle qui lui soit adaptée. C’est alors que j’ai croisé la route d’Eugénie Cottereau, Saddle fitteur. Ce jour-là, Quinto était très délicat, et aucun essai de selle n’a été possible tellement sa réaction au sanglage et à ma jambe gauche était forte.C’était la première fois qu’il s’exprimait. De nature anxieuse, il tiquait à l’ours au box … Diagnostic :Ulcère.

J’ai donc décidé de faire appel à une nutritionniste, Anne Catherine Kaeffer, afin de mettre en place un régime adapté. C’est alors qu’on prend conscience de l’importance de l’alimentation dans la vie et l’évolution du cheval. On a tendance à donner presque la même chose à tout le monde (a quelque différences près) mais en y regardant de plus près celle-ci devrait être adaptée à chacun. Il faudrait surtout se sortir de l’esprit que le cheval de sport doit avoir 10 litres de céréales par jour. A l’heure d’aujourd’hui Quinto est nourri avec 2l de saint hyppolit glyx weise musli, 1 litre d’avoine, 100g de tourteau de soja, un complément reverdy et foin à volonté, il se porte comme un charme et dispose de suffisamment d’énergie au travail.

Afin que Quinto respire et se refasse une santé, je l’ai laissé au vert avec des copains, sans travail pendant 2 mois. J’ai alors découvert le travail en liberté, et une relation de confiance a commencé à se mettre en place entre nous.

 

En parallèle, il y a eu un gros travail à faire sur les pieds de Quinto. Il était ferré en 00 (taille poney) et avait 4 pieds très encastelés, 4 fourchettes qui pourrissaient donc régulièrement. Du fait d’avoir les pieds très hauts avec énormément de talon, les tendons étaient habitués à une certaine « tension ». Il a fallu travailler d’arrache-pied avec des ferrures orthopédiques, des suivis toutes les 6 semaines, alterner ferrures et pieds nus pour faire descendre ses talons et que son pied puisse s’écarter. C’est encore un travail en cours aujourd’hui et qui va durer plusieurs années.

Avec ce gros travail en maréchalerie, son corps bougeait et il a fallu travailler régulièrement en suivi ostéopathique avec Gauthier Clément, en plus d’un travail sur les énergies et les méridiens en shiatsu avec Carole Guillermain.

Nouvelle ration, nouveaux appuis, nouveau corps, nouvelle selle : Quinto était prêt pour reprendre le travail après 2 mois de repos. C’est là qu’à commencé un long travail de déconstruction de ce qui avait été fait avant, afin de créer des bases saines.

Nous sommes passés par une bonne année de travail en extension d’encolure dans un trot lent, Quinto courrait beaucoup. Le but était de lui apprendre à aller doucement, et à étendre toute sa ligne du dessus. Par la suite, nous avons pu intégrer des transitions simples inter-allures pour commencer un travail de musculation, puis varier les attitudes sans jamais passer au dessus d’un travail « horizontal ».

Cette étape nous aura pris également une année, durant laquelle après être sorti du trot rapide et court pour aller vers un trot lent et court, il était temps d’installer une poussée dans un trot un peu plus soutenu, lent mais grand.

Durant ces deux années de travail, j’ai rencontré des difficultés dans la concentration et le mental de Quinto, et j’ai alors découvert la communication intuitive, et croisé la route d’Ophélie Plaa. J’ai ensuite découvert la bio-kinesiologie avec Emilie Valiente et Equita-Sens, et j’ai mis en place un protocole de travail à pied avec le soutien de Clio Marshall. Car, à mon sens, ce qui n’est pas acquis en main ne peut pas l’être monté.

Bien sur, nous continuons en parallèle le travail de suivi orthopédique, ostéopathique, le shiatsu, la communication animale, le travail de nutrition (la ration s’adapte à l’évolution du cheval et à ses besoins)et l’évolution du matériel.

Nous travaillons avec du vivant : notre corps et celui du cheval. Notre mental et celui du cheval. Comme le disait Wladimir Wolf Gozin : « Cesser d’apprendre, c’est cesser de vivre. ». Je travaille donc avec différents enseignants qui m’amènent tous des clefs pour aborder certains problèmes, et font de moi une meilleure technicienne et une meilleure enseignante pour vous à chaque fois.

Après 3 ans, Quinto est enfin prêt pour passer à l’étape supérieure dans le travail monté. Il a repris de la force, ne souffre plus de ses ulcères, il a repris de la condition physique et commence à se poser dans sa tête. Il est prêt physiquement et psychologiquement. Nous commençons à aborder le travail au rassemblé aux trois allures, les pirouettes de travail au galop, les changements de pieds en l’air et les appuyers aux trois allures, tout ça dans le calme et la décontraction.

Il doit encore prendre de la force dans l’arrière-main ainsi que de la souplesse, mais maintenant que les bases sont installées, je peux me permettre de lui demander plus sans porter atteinte à ses capacités physiques ou mentales.

Je continue tous les jours de croiser des professionnels qui nous font évoluer dans notre relation et dans mon équitation.

Quinto Avant/après, 2 ans séparent ces deux photos

avant / aprés